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Tome deuxième.
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1602

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Les écrivains protestants attribuent au papela préméditation exclusive de l’entreprise etun rôle actif dans son exécution ; les écrivainsde Savoie, en particulier le marquis Costa, re-présentent les Savoyens comme ayant apportédans ce coup de main la passion d’une en tre-prise nationale. Injustice d’un côté, erreur diel’autre. Ce fut, avant tout, un acte désespéré del’ambitieux Charles-Emmanuel obéissant auxsuggestions de l’Espagne. La combinaison desalliances et le mouvement de l’opinion publiqueétaient tels, en 1002, que la Maison d’Autricherestait l’unique appui du Catholicisme, tandisqu’Henri IV était devenu le seul espoir de laliberté de conscience dans le midi de l’Europeet de la liberté politique dans le nord. Luttercontre les petits-füs de Charles-Quint, maîtresdu tiers du monde et protecteurs de Rome, c’é-tait accepter les principes de la [déformation ;Henri IV hésitait. En brusquant l’assaut deGenève, on Je forçait à prendre parti, et lesalliances se dessinaient nettement. Philippe fillaissait régner le duc de Lerrne; Calderone,l’âme damnée de Sandoval, gouvernait en sonnom, et Euentès dirigeait à son caprice lesfantaisies politiques de Calderone. Euentès,fort ambitieux lui-même, ne jetait son amiCharles de Savoie sur terre de France que.pour se préparer à l’aise un trône italien, Mi-lan ou Naples. Charles-Emmanuel, pour sapart, n’avait point cessé de considérer Genève;comme une ville usurpée par la rébellion ; sesengagements de 1589, à Nvon, de 1598, à Her-mance, n’étaient, à ses yeux, que des nécessi-tés de position; les arguties de l’évêque Alar-det en 1560, du président Milliet en 1568, de