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1602
guent l’une après l’autre. Vers minuit, Bri-gnolet arrive sous les murs de la ville, entrela porte de la Monnoie et le boulevard de l’Oye,devant la plaine dePlain-Palais. M. de Sonnazmonte le premier; l’escalade réussit; d’Albignyprévenu donne aux troupes le signal de mar-cher en avant, et le duc, certain du succès,dépêche aussitôt les courriers chargés d’annon-cer à Home, à Madrid, à Paris, la prise deGenève'. Mais Brignolet, à l’heure décisive,manque d’audace et de coup-d’œil ; il hésite àdescendre dans les rues de cette ville endor-mie, et laisse ses hommes blottis, deux heuresdurant, dans les angles des tours. Surpris parune ronde de bourgeois avant que le pétardn’ait enfoncé les portes, ils luttent en déses-pérés contre un peuple de héros en chemises,armés d’outils, de marteaux, de pertuisanes,et succombent sous le nombre, grâce à l’iner-tie 1 2 * * 5 des troupes régulières que le comte d’Albi-gny n’ose pas lancer à l’assaut. Le duc s’enfuit
1 Les contemporains affirment (|ue, dans la certitude dusuccès, et avec l’intention arrêtée de taire de Genève sa capitale,
le due avait déjà loué des mariniers de Nice et de Gênes pourla flotte du Léman, destinée à attaquer Nyon, Yersoix, Lau-sanne (Arcli. de cour. Ilist. manusc. du 1’. Lama). On chargea
a Turin, le 11 décembre 1602 (vieux style) soixante quintauxde cierges de cire blanche (payé, 309 ducatons et 13 florins enplus pour lesdits flambeaux de GenèveJ, dit le trésorier Ernm.Dyan (Arcli. de la Ch. des comptes. —Rouleau CCXCVI.) àdestination de Genève. Et l’on a la prouve que tout le clergé de
Savoie y était convoqué pour célébrer les fêtes de Noël dans lacollégiale de Saint-Pierre.
5 « Tant que l’opinion dura que ceux des échelles estoientmaistres de la ville, les Espagnols faisoient rage de crier :Vive Espagne ! Ville gagnée ! en sonnant la joie. Mais, quandon les pria d’aller au secours, le nez leur saigna ; ils direntque leur grandeur ne comportait pas d’entrer autrement quepar la porte. » (Lettre de du Eresne. 15 janvier 1603.)