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Tome deuxième.
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à franc, étrier, couvert de confusion, ne laissantpour adieu à d’Albigny qu’un mot grossier, etpas un regret pour les braves qu’il vient deperdre. Cinquante quatre soldats ou noblesavaient été tués; onze furent pris sur le lieudu combat, trois autres dans les maisons oùils s’étaient réfugiés ; la plupart blessés 1 . LesCenevois perdirent dix-sept nommes. Le con-seil d’Etat, cédant trop vite à l’indignation po-pulaire, ne saisit pas cette occasion de répon-dre aux assassinats de 1572 et aux massacresde Ternier, de Bonne, de Gex, d’Annemasse(1590 à 1597), par un sublime pardon ; la vic-toire fut souillée. Des bruits de trahison et desinistres rumeurs tirent craindre aux magis-trats qu’on ne massacrât les prisonniers etqu’on ne saisît les suspects-. Chaifardon etd’Attignac, mis à la torture, n’avouèrent rien ;mais on allait criant par les rues que le ducavait promis à ses soldats de leur livrer la villependant deux jours, et, après une procéduresommaire, le syndic, Dominique Chabrey, lutla sentence qui condamnait les treize 3 à êtrependus. Les historiens de la Savoie et du Pié-mont ont taxé l’arrêt du Conseil cVattentat for-

1 Brignolet se fit tuer do désespoir.

s « Comment so fait-il qu'estant bien advertis de toutes pariset le soir mesme par exprès, on n'avoitpris aucune précautionet que, sans la miséricorde de Dieu, nous estions perdus? (Re-gistres du Conseil, 13 et 14 décembre 1602.) — L’entreprise queM. d’Albigny tenta sur Genève cinq mois après le jubilé, quiavait été projetée avec tant de jugement , ménagée avec un sigrand secret et si heureusement commencée, échoua par unedisposition qui nous est inconnue. » (Miss, dos Capucins. Ibid.)

3 La liste porte H prisonniers, il n’y eut que 13 exécutions;sans doute l'un d'eux mourut de ses blessures dans la matinée.