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1602-1603
Parmi les négociateurs du traité furent, ducôté de Savoie, Ch. de Rochette, malgré l’em-barras qu’il dut éprouver en se retrouvant enface des députés genevois, et, du côté de Ge-nève, le syndic Dominique Chabrey, malgré lasentence de mort qu’il avait prononcée contreles victimes de l’escalade. La signature de lapaix fut accueillie de part et d’autre par d’en-thousiastes et universelles démonstrations. Lespaysans du Ghablais, interrompant les travauxde la moisson, coururent à Genève où on lesreçut à bras ouverts ; prières dans les templesoù se confondirent catholiques et protestants,tables dressées dans les rues, vieilles amitiésrenouées, tel fut le spectacle qu’offrirent auxmembres du congrès de Saint-Julien, sept moisaprès l’escalade, ces deux peuples qu’on disaitennemis. A cette joie publique, le duc réponditpar le plus sombre désespoir : C’est meschanteruyne que de signer un accord qui me ravalepresque à l’égalité avec ces rebelles hérétiques!
Le traité de Saint-Julien, en consacrant pardes garanties internationales, par l’interventiondes Cantons et de la France, l’indépendancede Genève, marque aussi l'affranchissementdiplomatique de la Savoie. Ce pays gagne enliberté d’allures l’équivalent de ce qu’il perden importance politique ; il cesse d’ètre lié auPiémont par les équivoques qu’amassaient lasoif de Genève et la faim de Grenoble, selonles expressions de l’ambassadeur du Fresnes.Délivré de cette passion séculaire, le duc deSavoie se fera prince italien et n’aura plus, dece côté des Alpes, que des retours apparentsmais point décisifs.
Charles - Emmanuel changeait d’alliances