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Tome deuxième.
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V

1612-1613 — 252 —

avec Marie de Médicis et, pour se rallier les Ita-liens, publie le manifeste célèbre qui finit ainsi :

« Mes armées sont la sauvegarde de l’Italie ; le roid’Espagne tient sous le joug Naples et Milan ; les embar-ras île Venise se multiplient ; la Toscane est commeassiégée ; Rome hésite ; Gênes, sous le canon des flot-tes de Barcelone, n’obéit qu’aux ordres de Madrid ; sije désarme, la péninsule ne comptera plus que destraîtres et des esclaves. Que l’opinion des Italiens dictema réponse ! »

Ces alliances si brusquement rompues, sitôtrenouées, puis brisées de nouveau, inspiraientla défiance et prêtaient aux suppositions lesplus étranges. En juin 1612, un mouvementéclate à Turin sur le faux bruit de l’assassinatdu duc; le peuple faillit massacrer indistincte-ment les Français et les Espagnols, retenus enassez grand nombre dans cette ville par une po-litique qui menaçait tous les intérêts sans en sa-tisfaire aucun. La mort de François de Gonzaguevint offrir enfin au duc de Savoie l’occasion desortir violemment de l’imbroglio où l’enchaî-naient ses propres fautes et la réprobation uni-verselle. Le 22 avril 1613, Charles-Emmanuel,prenant sans ambages le cœur et le rôle d’unprince italien, envahit le Montferrât* ; sept

une politique ouverte et franche. Eu 1612, la mission de Cha-bod de Jacob en France se solda par dix mille écus; M. deMonthoux pratiquait en Saxe, le baron de Villette à Bâle. De1613 à 1618, le président Favre et 31. de Sainte-Colombe fu-rent chargés de plusieurs missions à Paris ; Gabaléon ruina leprince par ses folies de Londres. Le compte du trésorier Ber-nardino Novarina renferme quantité d’articles de dépense avecla mention : Pour services secrets à l’étranger.

' François, duc de Mantoue et de Montferrat, ne survécutque quelques mois îi son père Vincent, et mourut en 1612;il laissait une fille âgée de trois ans, de son mariage avec Mar-