— “251 —
1610-1611
tradictious volontaires ne pouvait aboutir qu’âdes déceptions. A Madrid, le jeune Philibert,esprit brusque, mêlé d’audace et de dissimula-tion, supplie Philippe 111 de pardonner à soupère l’instant d’égarement qui l’a fait acquies-cer aux plans d’Henri IV; àTurin, le duc Char-les-Emmanuel se résigne au licenciement desmilices de Savoie qu’impose M. de Villeroy(10 mai 1011); à Suze, il se rapproche de Lesdi-guières (15 novembre), et propose la quadruplealliance de Savoie, Venise, Angleterre, Hol-lande, pour chasser de France les Médicis etd’Italie la Maison d’Autriche'. La mort ducomte de Fuentès le prive du seul ami surqu’il eut à Madrid, celle du prince de Gallesde Tunique espoir qu’il fondât sur la vacillantevolonté du roi Jacques, celle du comte de Sois-sons de l’appui qu’il comptait trouver dansles intrigues des princes français. Désespérantd’empêcher les mariages espagnols, gêné parl’embarras de ses finances et la présence destroupes étrangères 2 , il négocie de nouveau
1 De Flassan. Ilist. générale et raisonnée de la diploma-tie française. Tome IV. Livre ni. — Gomberville. Mêm. du duede Nevers. Edit, de 1665. II. 880.
- Les Espagnols traversaient sans cesse les Alpes pour alleren Flandre. Ils tenaient garnison à Turin depuis 1601. Ce con-tingent coûtait au duc 62,085 livres sur les revenus de Savoie.Les dépenses militaires s’élevaient, pour 1611, à plus de 700,000livres, non compris les troupes d’Italie ; les revenus étaient deseulement 1,598,674 livres. (AR. CH. C.) Chabod était grand-maître de l'artillerie en Savoie, le marquis de Lans général dela cavalerie, au traitement chacun de 2,000 ducatons ou 9,750livres. (Patentes des 25 avril 1608 et 21 septembre 1611. AR.SENAT.JGuichenon rapporte, en manière d’éloge, que le duc pé-nétrait jusque dans les cabinets des princes voisins par les intri-gues qu'il y cultivait : mais le prix des consciences est varia-ble, les espions coûtent cher, et le duc s’épuisait à payer unemultitude d’agents secrets qu’il eût remplacé avec profit par