1622-1624
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dent ses plus tendres harmonies, ses plus su-blimes méditations. Il participe de Claude deSeyssel dont il a le trait, de Claude de Buttetqui lui légua le sentiment passionné de la na-ture, de l’abbé des Portes dont il surprit la poé-tique capricieusement délicate. En religion, ilouvre la voie large et la parfume dès l’entrée;en littérature, il met la plume aux mains desfemmes par ces milliers de lettres, et ces livrespleins d’onction où il traduit si complaisam-ment aux âmes tendres un monde idéal fait desoumission et de joie, où il transporte dans lessentiments le charme voilé, attiédi des lacs deSavoie, la senteur résineuse et vivifiante desforêts de sapins, les éclats de lumière des hau-tes cimes. La Philothée,\e Théotime lus partout,ses lettres qui passaient de cercle eu cercle, eu-rent une action très énergique sur l’esprit desfemmes de ce temps, si mêlées à la politique etaux affaires. Balzac et Voiture lui empruntèrentleurs qualités les plus heureuses ; mais sa mer-veilleuse abondance , ses badinages persuasifsdevinrent des fautes sous leur plume. Chez sesdisciples directs,l’évêque Pierre Camus,le mar-quis d’Urfé , le P. de La Rivière , Nicolas deHauteville et beaucoup d’autres , la délicatesseest efféminée et la logique subtile, l’idéal s’estvoilé de brouillards ultra-mystiques; un partipris de raffiner sur tout a changé en idées va-gues, en réflexions abstraites, en leçons tâton-nantes les simples vérités que le maître tradui-sait avec bonheur et clarté.
François de Sales se piquait peu de politique.Il disait à Henri IV : Je ne suis pas assez intel-ligent (ou dissimulé) dans les affaires de VEstâtpour m’en mesler. Plus tard, il écrivait au duc