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Tome deuxième.
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la haine (le Richelieu, lui recrute des ennemisà La Haye et à Madrid; en mai 1628, il décideCharles-Emmanuel à rompre. L’invasion duMontferrat fut un coup aussi hardi que l’inva-sion de Saluces en 1588. Le duc comptait surles guerres civiles de France ; son illusion futcourte. La capitulation de La Rochelle (30 octo-bre) permet au cardinal de concentrer toutesses forces au pied des Alpes. Louis XIII franchitle mont Genèvre en plein hiver et, le 6 mars1629, force, l’épée au poing, les barricades duPas de Suze, brillante journée qui fit aux deuxarmées un égal honneur 1 . La trêve du 11 futsuivie par le traité d’Aveillane (20 mars); lesFrançais évacuent le Piémont; le marquis Spi-nola et le comte de Colalte l’envahissent aussi-tôt avec 35,000 Ilispano-Tudesques et s’effor-cent de séduire le duc plutôt que de le vaincre.

La peste s’était abattue sur l’Europe dans lesderniers mois de 1628, et, pendant toute celteannée 1629, elle fit en Italie, en France, en Sa-voie des ravages dont nos plus terribles épidé-mies contemporaines ne donnent qu’une faibleidée. L’incurie, l’ignorance, la lâcheté des vi-vants faisaient de cette contagion la terreur

1 Richelieu y risqua tout ; ses soldats n’avaient que six coupsà tirer; on se battit à l’arme blanche. Le vieux duc, les por-teurs de sa litière tués, faillit être pris. Trois armées abordaientles Alpes: le roi et le cardinal au centre, droit sur Turin; leduc de Guise et le maréchal d’Estrées par iViee et le col deTende; l’armée do Lyon par le Bugoy et le pont de Grésin.Le froid était vif, la peste tuait cinquante hommes par jour.Avant l’invasion, le duc fit répandre a Paris un libelle ducomte d’Aglié où il refusait au roi le droit de se mêler desaffaires d’Italie fAdvis d'un bon Franeoys au Roy}; de même,le cabinet de Madrid jeta h profusion en Piémont des manifes-tes contre Charles, Louis et Richelieu; on froissait, on brus-quait l’opiniou, et cependant, des deux partis, on y faisait appel.