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1536-1531
raffinée autant que brutale, dont on peut répé-ter ce que La Bruyère a dit de Rabelais : Allantjusqu’à l’exquis lorsqu’il est bon, passant audelà du pire quand il est mauvais. Paradin ra-conte avoir vu dans l’église de Brou, sur cepavé de briques émaillées où François de Ga-narin avait peint de délicieuses figures de fem-mes, en costume bressan ou italien, les che-veux relevés sous une résille :
« Un gentilhomme qui, faisant conscience de mar-cher sur ce pavé, cracha au visage d’un gros villain pas-tissier ayant le nez tout fleury de gros boutons tainclsen escarlate, disant n’y avoir lieu en toute l’esglise, plussale pour cracher que cestuy-là. »
Triste plaisanterie! Et qui n’aurait pas été dugoût de saint François de Sales, lequel, pourpeu qu’il vist le temps aspre, se faisoit scrupuled’envoyer un homme à trois lieues loin. La di-gnité de l’homme s’entendait, en effet, de millefaçons suivant qu’on était de la ville ou de lacour. Les plus grands seigneurs ne dédai-gnaient pas de s’appeler domestiques des prin-ces; on avait des lettrés et des artistes à gages,et une phrase de l'évêque de Genève marquecomment en Savoie, si l’usage distinguait peuentre les valets et les serviteurs de l’ordre leplus élevé, il y avait pourtant un réveil de fierté :
« Je crains, disait-il, de rencontrer des secrétairesque, quand on leur dit, donnez-moi ma botte, bridezce cheval, faites ce lit, ils répondent : je ne suis paspour cela. »
La lecture des Arrêt s du Sénat pour servirde règlement donne de la société savoyenne duXVI e siècle une idée plus juste que ne le fe-