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1872-1675
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princes de Savoie perdirent, dès lors, l’espoirde pouvoir rivaliser, par la seule possession deGênes, avec l’influence croissante de la Francedans la Méditerranée et les mers d’Orient. Ilsne pouvaient lutter sur mer qu’à la conditionde devenir maîtres du littoral ligurien et desdes italiennes, la Corse, la Sarâaigne, la Si-cile; c’était à leurs yeux la route de Naples etde Chypre ; la Savoie, enclave française, deve-nait plus que jamais, en face de semblables ho-rizons, un embarras dans la paix, un péril dansla guerre.
Tandis que Louis XIV, grâce à Colbert, àCondé et à Turenne, enlève la Lorraine, an-nexe la Franche-Comté et fait la guerre deHollande, l’Allemagne et l’Angleterre se coa-lisent contre cette énorme puissance d’un roidont le caprice est devenu la loi des Français.Singulières nécessités de la politique! En 1674,l’Espagne et l’Autriche défendent les protes-tants, et le roi persécute Port-Royal, brave lepape, impose la régale aux évêques et l’enre-gistrement aux parlements. Charles-Emma-nuel II suivait à regret le torrent, fort inquietde ce que deviendrait l’Italie si la Hollande etl’Angleterre étaient écrasées, quand il mourutà Turin, le 12 juin 1675.
Habitué, dès l’enfance, à ne se diriger quepar les conseils d’autrui, Charles-Emmanuel II,avec une àme fière et de chevaleresques élans,ne sut toute sa vie qu’obéir. Lorsque la mortde Madame-Royale l’eut laissé, en apparence,maître absolu de ses volontés,il tomba à la dis-crétion de ses favoris qui, pourvu que leur avisparût hardi et noble,furent toujours assurés dele voir suivre. Les fautes du règne datent de la