1672-1675
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perte de la duchesse Chrestieime, dont le duc,il faut le dire, regretta publiquement la saga-cité politique. Le baron de Levaldis l’entraînedans l’équipée de Gênes, le marquis de Salesle fait rompre avec Genève, le marquis de Pia-nezze 1 ui fait signer l’o r'd re de persécuterlesVau-dois,l’archevêque de Tarentaise le décide à por-ter le premier coup aux prérogatives du Sénat *.
Le nouveau duc de Savoie, âgé de dix aus,était ce Victor-Amédée 11 qui, le premier de sarace, devait enfin saisir le titre royal poursuividepuis sept siècles par sa famille. Sa mère,Jeanne-Baptiste, piit la régence sans débat, caraucun des membres de la famille ducale n’étaiten mesure de la lui disputer. Aimable, jeune,pleine d’esprit et d’une hardiesse qui gagnaitles cœurs, Jeanne-Baptiste n’eut, pendant huitannées, d’autre diplomatie que de séduire 2 ;
’ Ce prince, s'il avait pu se dégager de la lourde tutelle deLouis XIV, aurait rendu de grands services au pays ; il aimaitles travaux utiles et le prouva, en Savoie, par la rectifienlionde la chaussée de Turin à Lyon qui, jusque-là, gravissait lespentes rocailleuses de l'Epine et qu’il conduisit par la valléede Coux, en rejetant un torrent dans la grotte des Echelles eten taillant une corniche au-dessus des abymes du Guiers, dansle défilé de Chailles , jusqu’aux ponts de Beauvoisin et deSaint-Genix, après avoir racheté par des pentes modérées,qualité rare à cette époque, des différences de niveau de 270mètres sur un parcours de dix lieues. Malheureusement, l’exem-ple de Louis XIV entraînait les princes ; on imitait, dans toutel’Europe, les ruineuses prodigalités de Versailles. Le duc deSavoie, pour sa part, jeta des millions à des dépenses impro-ductives, et rebâtit à la française, dans le style grandiose etmonotone de Mansard et de Ce Nôtre, ses châteaux de la valléedu Pô, Rivoli, Moncaliere, Mirafiori, le Valentin, ses villas deCasanova, de Trana,de la Vénerie, de la Vigne-Royale, et jus-qu’à ses rendez-vous de chasse perdus dans les bois de Stu-pinis et de San Mauro.
2 Le portrait que Jean Méel a laissé d’elle à la galerie degliUffizi de Florence, peint en 1664, la représente sous le cos-