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Tome deuxième.
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1686-1888

sujettissement aux volontés de Louis XIV l’em-pêcherait de trouver des alliances sûres et quine se fissent point acheter trop cher. Aux yeuxde l’Europe, la conversion d’un million de pro-testants semblait avoir achevé l’unité française ;les puissances qui se voyaient menacées, Hol-lande, Suède, Brandebourg, Angleterre, s’asso-cient sans bruit, le 9 juillet 1686, à Augsbourg.L’Espagne catholique, l’Empire mi-partie deRome et de Genève, entrent à leur tour dansla coalition. Le duc de Savoie sollicite son acces-sion ; la Hollande exige qu’il donne des garan-ties par le rappel des Vaudois ; il y consent. Leprésident Provana, qui dix-huit mois plus tôtcombinait avec l’évêque de Grenoble l’exil de cesmalheureux, fut chargé de régler à Lausanneles conditions de leur retour 1 . La plupart avaienttrouvé un asile dans le pays de Vaud et à Ge-nève : l’attrait du sol natal est si vif qu’ils n’hé-sitèrent pas à abandonner ces beaux rivages etla liberté suisse pour leurs tristes vallées dumont Viso et l’hospitalité douteuse du duc deSavoie. Piéunis au nombre de neuf cent soixan-te-douze à Nyon, sous la conduite d’Henri Ar-naud, colonel et pasteur comme les prédicantscévenols, ils traversent le lac Léman, au prin-temps de 1688, sur des barques frétées par legouverneur de Thonon à Evian, Yvoire, Ge-nève; remontent paisiblement les vallées duChablais et du Faucigny jusqu’à Faverges etConflans, descendent la vallée de l’Isère, pas-sent en Maurienne et franchissent le Mont-Genis. Au gué de la Doria, le marquis Parella

1 Archives du canton de Vaud. — Papiers publics relatifs aupays de Gex et à la Savoie. 1092.

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