1988-1690
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survient avec trois cents dragons, rejette la co-lonne, ses attelages et ses voitures dans la val-lée d’Oulx, où l’avant-garde culbute quelquespostes dauphinois. La cour de Turin s’exécutaitvis-à-vis de ses nouveaux alliés protestants enpermettant le retour des Yaudois'; elle s’exé-cutait vis-à-vis du cabinet de Versailles en tuantquelques hommes par surprise. Mais Louis XIVcomprit la feinte et réclama une répression sé-rieuse. Les lettres ducales ordonnant de courirsus aux religionnaires qu’on trouvera sur lesroutes, isolément ou par troupes, de les saisiret de les mener aux prisons, moyennant uneprime de cinquante livres par homme pris, sontenregistrées au Sénat le 19 juillet 1688. Le 8septembre, ordre aux bourgeois de Chambéryde garder leurs portes et de se réunir dans leursquartiers au tocsin de la grosse cloche de Saint-Léger. Le 20 septembre, Provana, lieutenant-général en Savoie du fait de sa charge, fait appela la noblesse. Les gentilshommes du vieil esca-dron de Savoie doivent se trouver, le 1 er octo-bre, à cheval, avec les pistolets et le mousquet,à Chambéry, Annecy, Evian et Thonon,lieux derassemblement désignés par leur chef le mar-quis de la Serraz, cornette blanche de la no-blesse. On eut dit que la province était menacéed’invasion. Louis XIV, qui bravait l’Europe enbrûlant en plein hiver les villages du Palatinatet en faisant sauter les églises de Trêves avec
1 Quelques écrivains, dont le zèle maladroit travestit l'his-toire, ont affirmé que le duc Victor n’avait jamais permis leretour de ces hérétiques détestables. Le seul trajet à travers laSavoie de cette colonne de voyageurs attesterait la connivencedelà Cour de Turin, si l’on n’avait pas des preuves plus déci-sives de la tolérance apparente et de la duplicité réelle du ducqui , du haut de ses Alpes, voyait lèvent tourner.