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1688-1690
que vous en fites paroitre une satisfaction particulièreau marquis Ferrero comme si sçeut esté le seul but devostre commission à nostre égard et que vous respondî-tes affirmativement à la demande qu’il vous fit sijede-vois dès lors regarder les troupes de S. M. comme amies.
Vous avez cependant, de là à peu de jours, insisté àavoir de mes places entre les mains ; vous avez exigé en-suite, contre vostre premier sentiment, que mes troupesn’allassent plus en France et se joignissent aux vostrespour agir contre l’Estat de Milan; après quoy vous ju-gez assez que je dois souhaiter que si vous avez quelquechose à me faire sçavoir vous vouliez bien vous donnerla peine de les mettre par escrit et que j’y responde demesme . 1 »
Catinat répond, avec autant de finesse qued’impertinence :
« Mgr, je viens de recevoir la lettre que V. A. R. m’afait l’honneur de m’escrire, dans laquelle ses intentionsparoissent si nettement de suivre les engagements danslesquels elle s’est mise depuis longtemps, qu’il est inutilede luv rien proposer par escrit qui puisse luy donnermoyen de rentrer dans l’honneur des bonnes grâces duRoy. Je suis avec tout le respect qui vous est dû, etc. »
Quelques jours après, on découvre à Turinla conspiration de Sylvestre; le duc fait arrêterl’ambassadeur de France ; le roi use de repré-sailles, et Catinat éclaire sa première nuit demarche par l’incendie d’Aveillane. La campa-gne de 1690 fut vigoureusement conduite sur
1 Correspondance des mois de mai et juin 1690 entre te ducde Savoie, leroi de France et M. de Catinat. (On a imprimé ceslettres pour faire voir à la postérité avec quelle injustice on adéclaré la guerre à S. A. R., et sans doute jusqu’au moindrede ses sujets se fera un plaisir de les garder chez lui. — Biblioth.du marquis Costa. Catalogue n° 2066.) — Les historiens pié-montais, et entre autres Saluces (V. 11), ont cité ces lettres enles dénaturant.