1690
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les deux versants des Alpes. Tandis que Cati-nat se jette à Carignan sur la rive droite du Pô(8 juillet), prend Gavour d’assaut, marche surSaluces, force le duc Victor à sortir de ses li-gnes de Yillafranca et le bat à la célèbre jour-née de Staffarde (18 août) 1 , le marquis de Saint-Ruth bloque Montmélian et entre à Chambéry(12 août). En Piémont, Catinat se trouvait aumilieu de paysans ruinés par les guerres, decorps francs pillant amis et ennemis, de Vau-dois fanatisés par le désespoir 2 ; il exécuta depoint en point les ordres du ministre Eouvois 3 ,dévastant le pays, frappant les provinces defortes réquisitions, portant sur les rôles descontributions de guerre jusqu’aux habitants deTurin et des villes occupées par l’armée piémon-taise. En Savoie, au contraire, le marquis deSaint-Ruth, plus odieux par ses sévérités quecélèbre par ses victoires 4 , se vit en présencede populations calmes, point malveillantes, etfut assez impressionné de cette attitude pour
1 Le régiment de Savoie-infanterie perdit les deux tiers deson effectif à l’attaque des Caserne delle Sendone qui furent lepivot de la bataille. Ce régiment, exclusivement composé desoldats nés en Savoie, fut formé en 1660 sous le nom de sonpremier colonel, M. de Challes ; on l'appela ensuite Chablais,et enfin Savoie en 1661.
5 La guerre prit un tel caractère d’atrocité, que les générauxsignèrent la convention de Vigon (19 octobre 1690) pour assu-rer l’échange des prisonniers moyennant rançon. La vie d’ungénéral était estimée 500 pistoles ou 7,500 livres ; celle d’unsoldat 2 écus; les trompettes, timbaliers, tambours et hautboisétaient renvoyés pour un air de danse ; il était interdit de seservir de balles mâchées ou de lingots de fer, de dépouiller et debattre les prisonniers, de marauder avec moins de 19 hommesà pied ou de 15 à cheval, etc. (Traités publies.)
3 Feuquières. Mémoires. Tome II. Chapitre L. Notes.
4 Histoire militaire. Tome Y. Page S2,