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Tome deuxième.
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1691-1992

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1690, blâmée par quelques écrivains, fut laconséquence de délibérations réfléchies etl’expression d’un vrai patriotisme, celui quiagit et ne s’affiche pas. Faisant en face de l’en-nemi les affaires de la Savoie sans déserter pré-cipitamment celles du prince, le Sénat étaitmieux dans son rôle d’unique représentantlégal du pays que si, cédant à un faux zèle, sesmembres se fussent dispersés, livrant la pro-vince à l’arbitraire d’un soldat.

La campagne de 1691 commence en Piémontet se termine en Savoie. L’armée de Catinatravage les provinces au lieu d’attaquer le duc,retranché sur les collines de Mirafiori ; elle baten retraite devant les fantassins du duc de Ba-vière et les cavaliers du prince Eugène; lesalliés reculent, à leur tour, devant l’hiver, etCatinat en profite pour passer les Alpes. La•■citadelle de Montmélian tenait depuis dix-huitmois, grâce à l’abnégation des milices sa-voyennes qui formaient sa garnison et à l’hé-roïsme de leur commandant, le marquis del Ca-retto de Bagnasc. La ville s’était rendue à M. dela Hoquette, revenu d’Aoste pour la forcer 1 ; lasuspension d’armes conclue avec la citadellecontinua tacitement jusqu’à l’arrivée de Catinat;M. de Bagnasc capitula après une énergiquerésistance de trente-trois jours, le 22 décem-bre 1691 2 . Il sortit avec 198 hommes mou-rant de faim, tirant après eux trois canons;

' La ville résista du 27 juillet au 5 août, malgré le mauvaisétat de ses défenses, et fut incendiée par les bombes ; elleavait subi un premier bombardement du 8 au 25 février.

5 Journal du siège de 1690, rédigé par M. de Chamousset,publié par M. Menabrea. — Mémoire adressé à M. de louvoispar un officier breton. — Paris. 1698.