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Tome deuxième.
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1692-1694

l’armée française les accueillit par des vivats etCatinat ne laissa partir ces braves qu’après lesavoir fêtés deux jours. L’histoire doit conserverles noms, restés obscurs , des bourgeois ClaudePillet, AndréThomas, Pierre Magnin,et d’autresencore qui, retirés dans la citadelle avec leursfemmes, y donnèrent l’exemple d’un rare cou-rage et d’uue fidélité qui s’étonna d’être louée 1 2 3 .

Dans l’été de 1092, Victor-Amédée laisse legros de l’armée combinée se heurter au campde Catinat, et franchit les Alpes avec trentemille allemands pour envahir le Dauphiné oùil fait appel aux partis. Les Huguenots oublientles édits du roi pour ne voir que le péril de lapatrie; une levée en masse où tous, jusqu’auxfemmes % s’associent pour la défense commune,rejette le duc en Piémont. Catinat reprend l’of-fensive, débloque Pignerol et Casai, tandis quele marquis de Parella se lait tuer à Hubaye etque le comte Palfi se laisse battre à Suze. Victor-Amédée n’a d’autre ressource que de fanatiserles Vaudois contre les Français en leur accor-dant la liberté de conscience ; ses lettres-pa-tentes de 1694 rendirent imminente une rup-ture avec Innocent XII, et le pillage des abbayesromaines du Piémont vint compliquer cette si-tuation délicate. Leduc n’avait pas encore de fils;il était rentré malade à Turin ; sa lente convales-cence favorisait beaucoup d’intrigues et remuaitd’ardentes ambitions,àTurin comme au dehors. 5

1 Victor-Amédée les exempta d’impéls, eux et leurs familles,pour deux générations.

2 A Nyons, M lle Philis de La Tour-du-Pin La Charce réunitles paysans et battit les Piémontais au col de Cabre. (Voir lesdétails aux Mém. Acad. Delphinalc. III e série. I. 16.)

3 Le prince de Carignan, sourd et muet, ne pouvait régner,