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Tome deuxième.
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1708-1709

Aiguebelle, et passe en Tarentaise par les colsde la Vanoise et de la Madelène. Les deux régi-ments français, qui avaient l’ordre d’évacuerlentement la Tarentaise, se laissent forcer àLa Roche-Gevins et à Gonllans(27 et 28 juillet).Berwicls occupe les 1 langes, établit des redoutesen avant de Fréterive, et repousse la triple atta-que des Impériaux qui essaient de rompre cefront défensit à La Rochette, à Jarsy, et de letourner par Faverges et Annecy *. Le rigoureuxhiver de 1709 reprit avec une intensité telle, dèsles premiers jours de l’automne -, que le comtede Thânn se hâta de battre en retraite sur Suzoet Aoste où il installa ses quartiers.

1 Ces opérations se reliaient à celles du -Nord (bataille deMalplaquet, Il septembre; prise île Mous, 20 octobre) et à uneattaque des Piémonlais par la vallée d’Oulx.

11 fut si froid, que les noyers et les châtaigniers périrentpar la gelée qui les lit éclater, notamment dans la vallée deLa Rochette tAreli. du Sénat. — Enquête sur le procès civil doGlapigny. Reg. de 1712, folio 104). Ils’cn suivit la cherté desblés. Catherin Carpinel, abbé d'Entrernont et doyen do laSainte-Chapelle, servit (l’intermédiaire aux inunitioniiaircs destroupes françaises; condamné comme accapareur, jeté en pri-son jusqu’à co qu’il eut payé l’amende (arrêt du l lT juillet1709), il fut réhabilité sur l’ordre exprès de Louis XIV, malgréla résistance du Sénat. (Registre d’entérinement. 27.) Le froidet la famine furent universels en France et en Savoie. A Ver-sailles, les laquais du roi mendiaient par les rues. (Dutuy.Hist. des temps modernes. 396.) A Malplaquet, les soldats n’a-vaient ni habits, ni souliers, Villars les fit jeàner à tour derôle ; on ne donnait du pain qu’à la moitié de l’armée qui étaiten marche. (Mémoires de Villars et de Saint-Simon.) Le froidne lit de tels ravages dans les campagnes que parce que lafaim avait épuisé les corps et qu’il n’y avait guère plus rienqui soutint les âmes. — Le froid ne dépassa pas en moyenne1S degrés lîéaunmr (Peignot. Recherches sur les grands hiversj.

, Le petit peuple d’alors n’était vêtu que de toile ; les maisonsne se réparaient plus ; la chaumière, ouverte à Sa bise sifflante,était vide de bestiaux, la famille n'avait plus ces bons compa-gnons, ces doux réchauffeurs de la vio humaine qui, de leurs