Band 
Tome deuxième.
Seite
441
JPEG-Download
 

— Ml — 1711-1712

reillan, ils entrent à Saint-Pierre d’Albig'ny le24, à Rumilly le 26, à Chambéry le 27.

Victor-Amédée installe son quartier-généralsur la colline de Chignin; son front d’attaquese développe sur les hauteurs qui, du pont deMontrnélian à l’église de Saint-Baldoph,formentun rempart naturel auquel les villages fortifiésde Franchi, des Marches, de Myans servent debastions, les marais de l’Isère de fossés. De là,il couvre Chambéry, s’appuie au massif des Bau-ges, qui peut au besoin lui servir d’asile si la li-gne des Marches est forcée, et assure ses librescommunications, à droite avec la Franche-Comtéet la Suisse, à gauche avec la Tarerdaise etl’Italie. Pendant quarante-trois jours, le duc deSavoie occupe cette formidable position ; le ter-ritoire de la province était délivré de l’ennemi,et cependant il ne réussit pas à provoquer lesmanifestations des Savoyens et ne put hasarderl’assaut du camp de Berwick. Des pluies conti-nuelles détrempaient le sol, les troupes alle-mandes et italiennes, bivaquant sur des routesdéfoncées, dans des villages abandonnés, n’ins-pirant que froideur et répulsion, décimées parla misère et les maladies, n’avaient même pasle stimulant du combat. Le 8 septembre, Victor-Amédée, la mort dans l’âme, se met en retraitesur Conflans. Craignant d’être bloqué par lesneiges qu’annonçait un hiver aussi précoce queceux de 1709 et de 1710, il recule à regret,livre aux flammes ses campements, et, doublantles étapes, franchit le col de la Vanoise le 13,tandis que le gros de l’armée passe dans le Vald’Aoste. On a blâmé l’hésitation du prince àtenter le sort d’une bataille ; mais le duc, décou-ragé par l’indifférence des Savoyens, n’ayant