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votre marché? Et si vous obtenez que cette liberté, dontcertainement ils n’useromt point, leur soit néanmoinsinterdite, ne vous ôtez-vous pas en même temps à vous-mêmes les secours que vous pourriez aller chercher chezeux si le commerce était libre? Je ne puis rien changerà mon ordonnance, et je suis persuadé que si vous yfaites réflexion, vous me remercierez de ma fermeté. »
En même temps, d’Angervilliers admettaitavec bienveillance les réclamations des commu-nes, payaitles fournitures, accordait des indem-nités 1 . Les besoins de la guerre avaient fait établir dans tout le royaume (1710) la dîme royale,c’est-à-dire un impôt du dixième du revenu ensus des taxes ordinaires et extraordinaires ; ladime fut remplacée en Savoie par une augmen-tation de la capitation évaluée 150,000 livres;on réclama. L’intendant établit par des chiffresque le Dauphiné, qui essuie tous les maux quesouffre la Savoie, payait 000,000 livres, et que laquote-part de la Savoie serait de 400,000 si lafaveur particulière du roi ne l’avait réduite desdeux tiers. Il faut ajouter que les Savoyens trou-vaient à Versailles un chaleureux appui auprèsdes Jésuites et de la duchesse de Bourgogne.Aussi, en 1743, le Sénat proposait-il aux Espa-gnols l’exemple de l’armée française. C’est fortinjustement qu’on a déclamé contre la conduitedes généraux et des intendants de cette époque 2 .
* Comme il est prouvé par les archives municipales deChambéry, Montmélian, Moûtiers, Aiguebelle et par la corres-pondance administrative conservée à l’Intendance de Grenobleet au Dépôt de la guerre à Paris.
2 « La présence de deux armées (française et piémontaisejrépandait la terreur en Savoie ; tout tremblait aux noms deLa Feuülade et d’Angervilliers ; celle triste époque na decomparable que les plus sombres jours de 1793. » (Burnier.—Hist. du Sénat. II. 116.) Le même écrivain a cependant constaté