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La lassitude des peuples imposait aux cabi-nets européens la paix à tout prix; mais lesprétentions du duc de Savoie parurent telle-ment exorbitantes, que les conférences ouvertesà Utrecht furent aussi souvent rompues, re-nouées, abandonnées et reprises que celles deWestphalie. Victor-Amédée, certain que sesintérêts étaient devenus ceux de l’Angleterre 1 ,se préoccupa fort peu de la reprise des hosti-lités; tandis que ses ambassadeurs, l’audacieux
la terreur des Espagnols, de 17J3 à 1719, et admis la modéra-tion dont les agents du comité de salut, public firent preuve enSavoie (U. 361',. — 11 n’est pas un lecteur de bonne foi qui neblâme surtout l’exagération des paroles suivantes : « Après letraité d'iitreclit, la Savoie respira. Pondant dix longues annéesnotre province avait subi le régimedn sabre dans toute sa révol-tante brutalité. 11 semblait qu’on eât pris à tâche de lasser saconstance par un système d'humiliations et d’avanies qui eûtréduit au désespoir un peuple moins calme que le nôtre.» (Ibi-dem. Tome 11. lib. VU. 153.)
' C’est alors que le cabinet de Saint-Jantes enioya à Turinle comte de Peterborrow, qui aborda ie duc de Savoie avec unebrusquerie de nature à déconcerter ses lenteurs calculées ; illui prouva qu’à hésiter plus longtemps il perdrait, aux yeux dela reine, les bénéfices de sa situation et que, la paix faite avec.l’Angleterre, il resterait exposé, aux justes exigences deCouis XIV. Ce langage décidé modifia la conduite de Victor-Amédée : Ses représentants abandonnèrent leurs prétentionschimériques de peur de voir un jour rejetées les légitimes de-mandes CAcles, mémoires et antres pièces auth. concernant lapaix d’Utrecht. I. 237. — L'Europe à Utrecht. — Le Corres-pondant. XXXV.. 883.), et la Savoie se retira de la grandealliance. Les ministres anglais proposent de transférer Phi-lippe Y en Italie, de lui donner la Savoie, le Piémont et la Sicile,qui. après lui, reviendraient à la France ; le duc de Savoiedevenait roi d’Espagne. Philippe V s’obstine; Loui^XlV hésite,et les wighs, successeurs do In reine Anne, firent roi le ducVictor-Amédée au profit de l’Autriche, pour qulil gardât lesAlpes contre la France et la séparât à tout jamais de l’Italie.Assuré que son propre succès est une condition forcée de lapaix, Victor-Amédée n’eut donc rien à faire pour précipiter lesévénements.