Band 
Tome deuxième.
Seite
498
JPEG-Download
 

1630-1713

498 —

ceci sera un tort 1 ; la misère ne peut être allé-gée que par le concours libre et spontané desinitiatives privées; et, avant tout, dans le lot dupauvre, il faut jeter la sympathie et l’espé-rance. Ces essais ne furent toutefois que despalliatifs ; ils aboutirent aux désordres de1771, aux battues aux suspects de 1781 et 1786.

L’examen rapide d’une société où la lièvredes idées imprimait aux mœurs ce cachetétrange d’élégance et de grossièreté atteste ledouble courant qui sc disputait le siècle : unebrutale intempérance dans les faits, un ins-tinctif élan vers le spiritualisme des idées etdes lois. N’est-il pas permis d’affirmer, en facede cette continuité d’efforts vers le bien et decette résignation soutenue dans le malheur,qu’il n’y eut pas en Europe, sauf peut-êtreI Helvélie, de populations mieux faites quecelles de la Savoie pour apprécier la marcheprogressive des institutions libérales, et d’es-prits moins faciles à séduire par l’illusion de laliberté ?

' En France, il était défendu de faire l'aumône dès 1350 ;cette défense fut renouvelée en 1522, eu 1547, en 1656 et le15 octobre 1793, sous peine d’amende. Un décret du 5 juillet1808 créa dans chaque département un Dépôt de mendicité; cefurent autant de foyers de corruption.