possédait les séminaires pour centres officiels. Le sémi-naire de Moûtiers fut fondé en 1656 1 ; celui d’Annecyen 1676 2 3 ; celui de Saint-Jean de Maurienne en 1688;celui de Chambéry seulement en 1779. »
Quant à l’enseignement professionnel, il sedonnait dans les corps de métiers organisés enconfréries, sous la surveillance des moines oudes curés ; les assemblées se tenaient dans leschapelles des églises ou les cloîtres des cou-vents 1 . Cet enseignement se payait fort cher,et jamais le privilège, dont on reproche sibruyamment l’abus aux prêtres et aux nobles,ne fut plus brutal, plus oppresseur que parmiles ouvriers 4 . A Chambéry, pour être reçu maî-tre tailleur, il faut subir un long examen devantquatorze maîtres; si le candidat répond mal,c’est le parrain qui paie l’amende ; s’il est admis,il lui en coûtera vingt-deux livres pour lesdroits de la chapelle, quatre ducatons aux jurés,cinq florins pour son brevet de maîtrise, puisles cadeaux, les cierges à l’église, les pots de
1 En 1656, une veuve, Etiennelte Facemaz, donna tous sesbiens pour aider à son établissement.
2 Ces trois séminaires furent établis malgré l’opposition dessyndics et des curés. Chaque fois, le Sénat exigea des évêquesl’engagement de ne jamais faire supporter aux habitants ni auxcurés les charges d’entretien. (Arch. du Sénat.)
3 Le 2 mai 1646, les tailleurs de Chambéry se réunissent,comme d’habitude, dans les cloîtres de Saint-François et choi-sissent à l’élection quatre maîtres-jurés, deux pour les habitsd’hommes et deux pour les habits de femmes. (Protocole dunotaire ducal Claude Yachier.) Les tisserands s’assemblaientdans la chapelle de Notre-Dame-de-Grâee de l’église des Cor-deliers. (Reg. du Sénat. XXXVII. Folio 117.) Les registres desarrêts d'homologation, n os XXXVII, folio 217, et L, folio 103,renferment des procès-verbaux fort détaillés et qui sont de par-faits tableaux de mœurs.
4 Pièces justificatives. Documents n os I.XXXY et CLI.