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Tome deuxième.
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1559 1713

Lorsque M n “‘ Guyon, femme résignée, quidonnait aux pauvres ses revenus, qui lit aban-don de ses biens aux couvents et n’en reçuten récompense que le balai des servantes,habitait les monastères de Gex et de Thonon(1681 à 1683), on la molestait, on la découra-geait avec des diables et des hurlements. Elleraconte ces apparitions démoniaques avec unenaïveté où se môle quelque soupçon de com-plicité humaine :

« Le Démon vit que je le méprisais et entra dans unetelle" rage que, toutes les nuits, comme je me levois àminuit, il venoit à cette heure là et faisoit des tintamar-res effroyables dans ma chambre. Après que j’étois cou-chée, c’étoit encore pis ; il secouoit mon lit des quartsd’heure, puis il alioit donner dans les châssis depapier des fenêtres qu’il erevoit. Mes sens en avoientun petit effroi, mais mon àme en resta dans la mêmeasseurance, comprenant que c’étoit le Démon. Commeil vit que je n’avois peur de rien, il quitta tout à coupet ne m'attaqua plus en personne ; mais il le fit en sou-levant les hommes contre moi et y réussit mieux . 1 »

Deville déclare avoir assisté à divers ar-rests donnés contre des sorciers convaincus pardes arguments insurmontables et par des cir-constances qui ^assoient les ordres de la na-ture. Il avoue cependant que les pré-notionsde l’avenir ne sont pas toujours criminelles;mais il laisse à l’arbitraire du juge le soin dedémêler ceux qui sont possédés de ceux quiont des visions. En 1685, le Sénat rendit deuxarrêts qui firent brûler vives huit personnes :les quatre bergers de La Motte (21 juillet),avec

1 Vie de M me Guyon d'après ses mémoires. Edit, de Cologne.1720. Tome II, page 44.