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Tome deuxième.
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522
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1559-1713

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En ce qui est particulier à la Sa voie, je renvoiesurtout aux récits du jubilé de 1602, pendantlequel on exorcisa plus de deux cents possédésde bonne volonté, sans compter des légions dedémons chassés du corps de malheureux affo-lés. Mgr de Granier écrivait à Cdément VIII queceux qui jouissaient du pouvoir de chasser lediable l’avaient perdu cette année-là et ne leretrouvèrent qu’àThonon; on cita entre autresfaits de possession étranges, le cas de ce Béné-dictin qui, envoyé par l’abbé de Gluny pour s’op-poser à la sécularisation au profit de l’œuvredes Capucins des bénéfices appartenant à sonordre, ne fut délivré de son diable intérieurque lorsqu’il eut déchiré ses lettres de commis-sion devant l’autel. On parlait beaucoup ausside la demande que le démon faisait souvent àl’exorciste de le laisser aller dans le corps dequelque hérétique; on le lui permettoit, et ilétoil divertissant de voir se sauver les hugue-nots qui, par esprit de curiosité,se le noient clansl’église en contrefaisant les catholiques.

En 1674, on fit taire par le feu les diablesqui étaient dans le corps de Guillemet te Gex,laquelle tuait les enfants qu’elle recevait pourpeupler le vide d’âmes sans baptême. Les plusgrands évêques partageaient, à ce sujet, la su-perstition des magistrats.

« J’ai vu ici, disait l’évêque de Grenoble Le Camus,dans une lettre du 4 août 1673, deux familles entières,composées de plus de vingt-sept personnes, qui, étantmaudites par un sorcier qui l’a avoué dans le feu, sontdevenues toutes boiteuses et contrefaites et hors d’état degagner leur vie. Ici, à Chambéry, on en brûle souvent ;mais en vérité ce n’est pas toujours sans sujet, car on voitdes choses fort extraordinaires que font ces misérables. »