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Tome deuxième.
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1560-1713

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le temps présent n’est-elle pas tout à l’avantagede l’Eglise contemporaine? Qui donc serait assezmal inspiré pour nier, là aussi, le progrès ?

De 1560 à 1713, un pouvoir occulte avaitgrandi à l’abri de celui du prince, et, tandisque la noblesse se courbait sous la verge del’huissier du Sénat, que le prince lui-même hé-sitait à imposer aux magistrats ses lettres dejussion, le clergé seul, renouvelant vis-à-vis dela Cour suprême l’opposition que les prélatsavaient faite à la dynastie pendant quatre siè-cles, tenait tête aux sénateurs, les lassant et lesbrusquant tour à tour. L’institut monacal, quifut l’honneur et le salut de plusieurs siècles 1 ,succombait alors sous le poids des vocationsforcées, de la clôture et de la commendeh Lafaveur du prince y remplaçait l’élection 3 * * * * * * * il ; lanoblesse se partageait les prébendes bien pour-

1 Voir tome 1 er , pages 134, 158 et 210.

- Jean-Louis de Savoie, huitième fils du duc Louis, fut, àl’âge de 12 ans, tout à la fois évêque de Genève (1460) et admi-nistrateur perpétuel des abbayes d’Ivrée, de Staffarde, de Ca-nobe, d’Ambronay, de Saint-Oyen, des prieurés de Contamine,de Payerne, de Xantua, de Romain-lloûtiers et des comman-deries de Saint-Antoine et de Saint-Dalmace de Turin. (Guiche-non. Savoie. I. 529.) Voir, pour la triste condition de certainsmoines, l’étude de Léon Menabrea sur l'Abbaye d'Atdps.

3 Le prince nommait des bénéficiers clercs ou laïcs ; en cas

de vacance, il désignait un économe pour administrer les reve-

nus; un prieur claustral conservait l’administration spirituelle.

Ce droit, dérivant des concordats d’Amédée VIII et de Char-les III, fut quelquefois contesté en cour de Rome ; le Sénat enrésuma les origines et les motifs dans une délibération secrète,

du 31 janvier 1698, qui est un modèle de discussion et de logi-

que.— De tant de milliers d’abbayes d'hommes fondées en

France pendant treize siècles, il n’en restait, en 1789, que 120

qui fussent en règle , c’est-à-dire demeurées en possession dudroit d’élire leur abbé et de disposer de leurs revenus.En Savoie,

il n’en restait qu’une, l'abbaye de Tamié. Malgré les ordres du