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1560-1710
Les Savoyens ne le doivent pas aux princes,ni aux corporations, ni à l’instinct de leur raceépique, ni même aux traditions de leur his-toire. Il y a dans le monde moral certains grandsprincipes qui naissent providentiellement avecl’àme des nations et qu’on ne déserte pas im-punément : la famille, où réside le vrai bon-heur , l’autorité, qui assure la vie sociale, laliberté qui la féconde, la religion qui l’enno-blit et la console. La dépréciation de ces prin-cipes est le plus actif dissolvant des sociétés;le respect de leur majesté sauve les peuples;son discrédit les perd.
La Savoie n’a jamais renié ni son Dieu, nison prince, ni la liberté. Aux temps moder-nes, les Savoyens ne sont ingrats ni pour leclergé qui régla leurs mœurs, ni pour la dy-nastie qui créa leur nationalité; mais un senti-ment nouveau déborde avec la sève de l’avenir,et leur foi s’inspire surtout de la liberté. Ilscroient que la religion n’est pas incompatibleavec l’indépendance, et qu’obéir aux lois n’estpoint un acte servile. C’est le respect des prin-cipes qui leur a seul permis de rester maîtresd’eux-mêmes au cœur des Alpes, dans ce car-refour des nations, sur la grande route desidées et des soldats.
FIN DU TOME DEUXIÈME