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1773-1775
oisiveté, dit le marquis Costa, à imaginer la ré-forme des abus qu’il voyait dans le gouverne-ment vieilli de son père. Toute une vie dethéories prépare mal à la pratique des affaires.Les bonnes intentions du roi Victor-Amédéedésorganisèrent l’armée, perdirent les finances,ruinèrent la politique.
Une longue paix avait emcombré les régi-ments d’officiers usés dans les rangs inférieurs ;le nouveau roi les mit à la réforme et les rem-plaça par des jeunes gens qui, vingt ans plustard, étaient aussi nuis que leurs devanciers.Son culte pour la symétrie lui fit organiser lescadres de l’armée selon des combinaisons géo-métriques qu’il modifiait tous les cinq ans ;mais le tiers de son revenu fut consacré auxessais militaires ; il dépensa quinze millions àla citadelle de Tortone et sept aux défensesd’Alexandrie.
Cependant, Victor-Amédée III fit pour laSavoie beaucoup plus que n’avait fait son père.Il obtient de la foiblesse de Louis XVI que ledécanat de Savoie, détaché du diocèse de Gre-noble , soit transformé en évêché 1 ; il restaure
carré, et malgré cela, je ne sais quel pli des lèvres, railleur etfin, d’où jaillirent souvent, à l’adresse de ses sujets de Savoie,des traits fort vifs. (Voir ses médailles dans la collectiondell’Accademia delle arti. — Raccolta. XIV, page 1564.)
1 Les princes de Savoie poursuivaient depuis 1474 le desseinde soustraire cette province à la juridiction ecclésiastique desprélats étrangers ; ils échouèrent en 1475, en 1515 et en 1752devant le refus de Louis XI, de François I er et de Louis XV.Victor-Amédée, à la sollicitation du ministre Bogino, reprit ledouble projet de céder è l’évêque de Belley ce que le diocèse deGenève possédait sur la rive droite du Rhône, en échange dece qu’il possédait lui-même en Savoie entre le Rhône, le Guierset la montagne de l’Epine (ancien bailliage de Novalaise ouPetit-Bugey), et de séparer le décanat de l’évêché de Grenoble.