1773-1775
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le château de Chambéry, tout noirci de l’incen-die de 1743, bâtit le théâtre, les thermes d’Aix,la route de Côte-Rousse sous les rochers deLémene; il fait continuer les digues de l’Isère,de l’Arve’,du Rhône, crée la province de Ca-rouge aux portes de Genève - et termine lepont de Rumilly. Garella, ingénieur de talent,dirigea la plupart de ces travaux; le chevalierde Ruttet améliora les salines de Moûtiers.
L’archevêque de Vienne, les évêques de Genève et de Grenoble,firent opposition h cette combinaison, qui avait cependant l'a-vantage de donner aux diocèses pour limites les fronlières desdeux Etats. On imagina alors de céder au roi Louis XVI lesdroits, illusoires en partie, que possédait l’abbaye de Saint-Michel de la Cluse sur plusieurs bénéfices situés en France ;moyennant cette compensation, l’évêque de Grenoble accepta ledémembrement. La bulle du 18 août 1779 érigea le décanatenévêché sans rien emprunter aux diocèses de Belley et de Genève.La bulle d’érection fut publiée le 12 décembre 1779; MichelConseil, né à Mégève, fut le premier évêque de Chambéry.L’archevêque de Tarentaise avait aussi fait à ce projet d’érectionune vive opposition.
1 Ces digues n’avaient point pour but de contenir les rivièresdans un lit artificiel. Le danger en était depuis longtempsconnu par les digues insubmersibles de la vallée du Pô qu’ilfaut exhausser chaque année et dont la rupture menace vingtgrandes villes d'une destruction totale. En Savoie, il fallait, touten prévenant le péril des inondations, assainir les marécageset rendre à l'agriculture de vastes espaces perdus. Les diguesde l’Isère, de l’Arc et de l’Arve laissent, de distance en distance,des passages éclusés par où le trop plein des crues s’écoule enmodérant le flot et en couvrant les terrains bas et stériles dulimon fécondant que déposent les eaux troubles venues desmontagnes. Ces déversoirs imitent ce que la nature a fait pourle Rhône au lac de Genève, pour le Rhin au lac de Constance,ce que l’homme a essayé de faire pour la Loire par la digue dePinay qui transforme en un lac la plaine du Forez.
* En cinq ans, la population du village de Carouge s’élevade 600 âmes à 4,672 (1792). Ses étapes sont courtes ; 1754, bu-reau de douane ; 1777, marchés et foires; 1780, chef-lieu deprovince, suppression des douanes; 1786, hôpital, collège,temple ; 1787, synagogue.