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1773-1775
Depuis les désastres de 4742, les princes dela Maison de Savoie n’avaient pas quitté lePiémont.-Le roi Victor-Amédée se décida, en1775, à visiter la Savoie qui se plaignait decet abandon, réclamait l’abolition des péageset le rachat définitif des dîmes 1 2 . Le séjourde la Cour se prolongea à Chambéry du moisde juin 1 au mois d’octobre; le 6 septembre,le prince de Piémont y épouse Marie-Clo-tilde de France, fille du Dauphin Louis et sœurde Louis XVI. Le roi dit à cette occasion : Nousvoilà Français au moins pour trois générations.On donna des fêtes magnifiques au Verney, augrand jardin des marronniers, et la bourgeoisiese constitua en société pour la constructiond’un théâtre, tant elle avait pris goût aux diver-tissements du château 3 . Ce troisième mariageentre les enfants du roi 4 et ceux de Louis XVétait mal vu des Piémontais ; ils reprochaient auroi, dans les cercles, dans les gazettes, les dé-
1 Eh 1775, la population de la Savoie était de 398,924 habi-tants, plus environ vingt mille émigrants; en 1792, il y avait408,740 habitants et 2,812 émigrés français, et 69,000 émi-grants dont la sortie datait de moins de dix ans, cinq mille deplus que dans le dénombrement de 1783. (A. CH. C.)
2 Le roi entra à Chambéry le 20 juin; l’intendant avait faitafficher l’ordre de tendre des tapisseries sur le passage de laCour (faubourg Montmélian, rue Croix-d’Or, place Saint-Léger,Grand’Rue, rue Tupin, rue Juiverie, place Château) et d’illumi-ner trois jours de suite, avec au moins deux chandelles parfenêtre, sous peine d’une amende de 20 livres.
3 La Société d'agriculture, essayée en 1772, constituée en1774, reçut en 1775 un subside de cinquante mille livres et leroi la mit en relations avec le bureau des finances comme éta-
' blisseraent d’utilité publique. En 1777 , le règlement sur lesharas fut amélioré et l’on accorda des primes aux éleveurs.fhaccolta. XI.)
4 Joséphine de Savoie avait épousé le comte de Provence en1771, et sa sœur Marie-Thérèse le comte d’Artois en 1773.