1782-1790
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dans les confréries ; le mouvement se propa-gea, les antagonismes s’accentuèrent au contactdes courriers qui portaient à Paris, en passantpar Turin et Chambéry, le mot d’ordre de Romeet de Vienne. Les camps, à peine indiqués en1780, avaient en 1790 leurs drapeaux, leurschefs et leurs noms. Le jour où l’on distingua,en Savoie, les aristocrates des patriotes, ce futcomme un coup de hache sur la chaîne qui re-tenait cette province au Piémont.
Louis XVI, débordé par la Piévolution, en-traîné par la reine à solliciter l’appui de l’étran-ger, venait d’avouer son impuissance par l’appelaux notables; les premiers émigrés, messagersde la contre-révolution, cherchèrent en Autri-che et en Italie des conseils et des armes. LaCour de Turin avait avec celle de Versailles desattaches étroites et familières ; les comtes d’Ar-tois et de Provence y comptaient des partisansdéclarés; Victor-Amédée se trouvait d’ailleurs,en 1789, le seul prince qui, en Europe, repré-sentât le pouvoir absolu; aimé de ses sujets,mais temporisateur comme la vieillesse, épuisantsa sagesse en paroles et le temps en conseils ',/ il hésitait entre les sollicitations de sa famille
s’engager à ne plus paraître aux assemblées. (Lettres et opusc.1851.) « Les jacobins piémontais étaient nombreux partout, ditle marquis Costa; mais où les traîtres se trouvaient en plusgrand nombre, ce fut parmi les orgueilleux de la classe moyenne,les présomptueux de tous les états, les demi-savants, les scepti-ques et les imprudents. » (Mém. hist. III. 336.)
1 Lamartine. Histoire des Girondins. (Livre XXXVI. 16.)— c Victor-Amédée III, dit M. Léonce de Lavergne, grandadmirateur de Frédéric II, et, comme lui, fort entiché de puis-sance militaire, avait épuisé les ressources de ses Etats et accrusans mesure les impôts pour entretenir son armée. On peut jugerpar les écrits de M. de Maistre de l’esprit de cette Cour, la plusobstinée de l’Europe dans les traditions du passé. »