Band 
Tome troisième.
Seite
129
JPEG-Download
 

— 129

1732-1790

et de ses ministres et les périls qu’il pressentait.Son désir de rester neutre était sincère; lecomte d’Artois le compromit à dessein. Depuisson arrivée à Turin (juillet 1789), cette villeétait devenue la capitale de la contre-révolutioncomme Goblentz en était le camp. Les Royalistesdu Dauphiné et de la Provence y entretenaientdes relations actives; Nice et Chambéry ser-vaient d’asile aux émigrés et de centre à leursintrigues. Le roi, informé des tendances dela Savoie à se détacher du Piémont 1 , crutpolitique <l’y maintenir ce foyer d’agitationqu’alimentait l’émigration, chaque jour plusnombreuse et plus tumultueuse. Chambéry seremplit d’évêques et de prêtres 2 3 , chassés deleurs diocèses et de leurs paroisses par lerefus de prêter serment à la constitution civiledu clergé ; quantité cle gentilshommes . fugitifsy étalaient les injures et les espérances des ré-fugiés de tous les temps et de tous les pays.Leurs inconséquences et leurs bravades provo-quèrent l’explosion du sentiment public. Nedéguisant ni leurs rancunes ni leurs ambitions,soutenus par les officiers piémontais, presquetous gentilshommes, ils se croyaient en paysconquis, heurtaient les convenances,froissaientles habitudes locales, et lassèrent la patience

1 Le 5 février 1790. ies ministres, avertis que les commu-nautés religieuses (lé France, dans la crainte d’une prochainesuppression, réalisent leur fortune immobilière, chargent le Sé-nat d’empêcher les transactions de cette nature, ils recomman-dent le secret, invitent l’avocat fiscal à ne point agir d’office,mais à défendre aux notaires de prêter leur ministère et à

suggérer aux communes l'opposition, afin que les capitaux pro-venant de l’aliénation des biens-fonds ou du rachat des servisque ces maisons possèdent en Savoie ne sortent point du pays.

3 Mgr de Juigné, archevêque de Paris, fut le premier.

9