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Tome troisième.
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1790-1792

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paix universelle conviât les nations. Quantitéde Savoyens se rendirent à Lyon pour la fêtecivique du 30 mai 1790; on chantait, dans lesrues de Chambéry,le fameux Ça ira! des fédé-rés du 14 juillet, qui n’était pas encore trempédans le sang :

Le peuple en ce jour sans cesse répète :

Ah ! ça ira ! ça ira ! ça ira !

Suivant les maximes de l’Evangile,

Du législateur tout s’accomplira ;

Celui qui s’élève, on l’abaissera ;

Et qui s’abaisse, on l’élèvera !

Ah ! ça ira ! ça ira ! ça ira !

Et lorsque l’allemand Glootz présenta à l’As-semblée constituante les députés du genre hu-main, il s’y trouvait sept,hommes de Tarentaise,trois de Samoëns et deux de Genève.

Les trois années d’agitation qui précèdent1792, marquées en France par de tristes épiso-des et quelques odieux assassinats, ne furentsignalées en Savoie que par le pillage d’un seulchâteau. Deux nobles des environs de Rumilly,Guillaume et Pompée de Molan, reniant îabienveillance traditionnelle des gentilshommesde leur pays, ne cessaient, depuis les récentsdécrets de l’Assemblée parisienne, de traiteravec le dernier mépris les prétentions du tiers-état à l’égalité civile, et de froisser par des pa-roles blessantes et des actes imprudents lespaysans de leurs paroisses. Liés avec les émi-grés réfugiés à Chambéry et à Annecy, ils atti-raient chez eux ces jeunes gens ennuyés etvaniteux qui, dans leurs chasses, foulaient lesblés en herbe, rompaient les treillages desvignes et se montraient fort impertinents pourles femmes. Un jour de fête patronale (11 et 12août 1790), MM, de Molan et leurs amis s’oppo-