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1790-1792
sent au passage de la procession sur leurs terres ;des insultes on en vient aux voies de fait; lespatriotes de Saint-Marcel - et de Marigny, quiprofitaient, pour se fédérer, de cette solennitéreligieuse et agricole, se précipitent sur le châ-teau de Saint-Marcel, en brisent les portes, etl’incendient. Le tocsin appelle aux armes toutesles paroisses ; dans les villages de F Albanais,depuis Cusy jusqu’à Versonnex, on planta desMays auxquels on suspendit les signes féodaux,girouettes des châteaux, fleurons des colom-biers, cribles du mesureur des dîmes, cors dechasse des valets de meute. Le lendemain, leprésident Lovera di Maria accourut de Cham-béry avec deux compagnies de Piémontais, ettout rentra dans l’ordre, il n’y avait point eude victimes, quelques paysans furent jetés enprison et, de peur d’émotion plus grande, onne lit pas leur procès '. L’insu] te qu’un capitainedes dragons d’Aoste lit à un avocat de Mont-mélian, l’assassinat de l’avocat fiscal Curti, lestroubles de Carouge, la publication de pam-phlets révolutionnaires 2 achevèrent de passion-ner les esprits pendant l’année 1790. La Courde Turin donne les ordres les plus sévères pourla répression des tumultes et l’informationcontre les auteurs d’écrits séditieux; le Sénatpropose de ne point poursuivre. Une loi sur lesécrits séditieux , répond-il au roi, annonceraitque le gouvernement a des inquiétudes: mépriserles attaques de ce genre, c’est le plus sûr moyende les faire bientôt oublier. Les 15 et 16 mars
' AR. TURIN. Rapports trimestriels des intendants des paysd'au-delà les monts.
- Le Réveil de la Savoie (1790), le Premier cri de la Savoievers la liberté (mars 1791).