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Tome troisième.
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1790-1792

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1791, des contlits à main armée éclatent entreles émigrés, le peuple et l’armée sur les placesde Chambéry; le 7 juin, le médecin Dessaixforce les portes de la prigon de Thonon et dé-livre les prisonniers politiques. Le cabinet deTurin refuse d’éloigner les émigrés et répondauxrequètes des syndics de Chambéry, Thonon,Montmélian, etc., en chargeant le Sénat depoursuivre les perturbateurs nés en Savoie, endressant la liste des habitants suspects de rela-tions avec les sociétés politiques du Dauphiné,en provoquant les dénonciateurs par des pro-messes d’argent. Le Sénat applique la loi etprononce la peine de mort contre le médecinDessaix, le procureur Souviran et d’autres no-tables, compromis dans l’affaire de Thonon.Charles Gaffe, de Chambéry, fut condamné àmort le 30 novembre, pour s’être déclaré enpublic français et patriote. Ces arrêts furentprononcés par contumace et la justice, satis-faite d’avoir sauvé les apparences, n’en pour-suivit pas l’exécution sérieuse ; les condamnésdu 7 septembre se réfugièrent en Suisse, et Gaffene quitta la ville qu’après s’être vu pendre eneffigie. L’attitude des magistrats et le sentimentpublic' ne laissaient plus d’illusions à la Cour;

' En janvier 1792, la Cour de Turin fit un emprunt de -1 mil-lions de francs par l’intermédiaire du banquier genevois Isaacl’asteur : ce fut sous forme de souscription publique en Savoie,par titres de 3,000 livres à 4 O/O. Au mois de juin, la souscrip-tion n’étant pas couverte, on promit 5 0 0; Pasteur fut obligéde fournir 3 millions 1/2. En 1793, la Cour s’adressa au banquierJean Osy, de Rotterdam, pour un million 1/2 de florins, et àRenouard, d’Amsterdam, Marcuard et Beuther, de Berne, pourquarante-cinq mille louis ; en 1794, Philippe Colla, d’Amster-dam, exigea qu’on lui remit en gage les diamants de la couronneet prêta 3 4 de leur estimation. CArch. Ch. des comptes. MazzoXXIII, folio 579.)

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