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1792-1793
l’étendue des pertes qu’allait faire le pays.Grégoire lui-même osa dire à la tribune de laConvention : Nous avons promis, de votre part,la liberté du culte aux habitants du Mont-Blanc, et nous les avons trompés. Le décretproconsulaire du 8 février 1793 compromit doncle prestige de la F rance, fournit aux mécontentsun sérieux motif d’agitation et servit les projetsdes contre-révolutionnaires mieux que l’argentautrichien et les promesses romaines. Il nefaut pas voir ailleurs la source des troubles quiagitèrent soudainement la province.
Mgr de Montfalcon, archevêque deïarentaise,avait fait acte d’adhésion à la République ; MgrConseil, fort âgé, fort malade, put célébrer lamesse d’actions de grâces de l’annexion,mais cefut son dernier acte public, et il mourut peuaprès; Mgr de Brichanteau, évêque de Mau-rienne, avait émigré en octobre 92 ; Mgr Paget,évêque de Genève, et Mgr de Montfalcon nes’y décidèrent qu’après le décret du serment.Le 6 mars, les électeurs nommèrent évêqued'Annecy François Panisset 1 , curé de Saint-Pierre d’Albigny, qui prit possession de sonsiège malgré les protestations du courageuxabbé de Thiollaz, prévôt d’Annecy, et de l’abbéde La Palme, vicaire de Mgr Conseil L II y eut
1 Homme instruit, de bonnes mœurs , ecclésiastique édifiant,de l’aveu de M. de I.a Palme lui-même, mais qui paya cherl'honneur de son élection.
1 M. de Thiollaz fut arrêté près d’Alby avec M. Besson, le 13février 93 ; traîné les fers aux pieds jusqu'à Bordeaux, il s’é-vada, prit la mer, traversa l’Allemagne et vint à Lausanne(8 août), d’où il reprit la direction des prêtres du diocèse.M. de La Palme émigra le 31 mars 93 ; de Turin, il organisa lacontre-révolution avec une infatigable énergie, et ne cessa decorrespondre avec les prêtres restés en Savoie. Voir de curieux