1792-1793
— 154
dès lors scission dans le clergé de Savoie ; ondistingua les prêtres émigrés ou réfractairesdes prêtres assermentés ou jureurs. Lamarchehardie et philosophique qu’avait prise la Révo-lution décida un tiers environ des ecclésiasti-ques à prêter le serment civique; les autresémigrèrent 1 ; quelques curés trouvèrent unasile dans les villages de la montagne et jusquedans les faubourgs de Chambéry et d’Annecy ;beaucoup d’émigrés revinrent quand ils furentassurés de rencontrer partout un asile sûr etune sorte d’universelle et pieuse complicité.
Parmi les prêtres assermentés, les curés deCruet, du Bourget, et plusieurs des autres dio-cèses protestaient qu’ils s’étaient fait un devoirde conscience de continuer à exercer le minis-tère plutôt que de voir les églises fermées, lajeunesse privée de direction, et toutes les impié-tés sans contradicteurs. Le 8 juillet 4798,1ecuré Marcel Bouvier écrivait encore à M. deLa Palme, en lui énumérant les dangers de sonopiniâtre résistance : par votre zèle outré, vousfaites plus de mal aux peuples que ne leur enfont les clubs.
Le vendredi, 23 mars 1793, à huit heures dusoir, le Sénat disparut à son tour, sans bruit, sansprotestation. Sur la simple sommation de laMunicipalité de lui livrer le local habituel desséances, pour y installer le tribunal de district,
détails dans les Mémoires ecclésiastiques publiés par Mgr lecardinal Billiet.
1 La liste des émigrés, au 1 er juillet 1794, contient 1,670noms, parmi lesquels 1,030 ecclésiastiques. — Voir aussi leRelevé général des émigrés du département du Mont-Blanc .arrêté le 27 fructidor an II, qui ne contient plus que 1,472noms, par suite de radiations.