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Tome troisième.
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1793-17<b

Au montagnard du Faucigny comme au Breton,on avait inspiré une haine ardente qui réunis-sait en un seul sentiment tous ses motifs tem-porels de rancune ou de répulsion. Sa sombreexaltation religieuse lui persuadait qu’il n'envoulait à l’ordre nouveau que pour l’outragefait à l’Eglise, pour son Dieu en fuite, exiléaux landes désertes et sans abri que le ciel.

La coalition de l’Europe contre la Francedonnait aux ennemis de la Révolution l’espoird’un prompt succès. La Vendée se révolte;Dumouriez trahit; la Convention déclare lapatrie en danger (24 février) et confie la dicta-ture au comité de salut public (6 avril). Lecabinet de Turin était convaincu, avec lesCours de Vienne et de Londres, que la nationfrançaise, divisée par les passions politiques,accepterait la suprématie de l’étranger plusvolontiers que la tyrannie des Républicains ; ilfut vite détrompé; les Fédéralistes souhaitaientla ruine de la Convention, mais ils ne l’eussentjamais achetée au prix de l’asservissement dupays.

Dès le mois de janvier 1793, l’armée du Vald’Aoste avait été doublée et mise sur le pied decampagne ; en avril, M. de Magland pénètre enFaucigny, visite les chefs du mouvement, s’en-gage à franchir les Alpes, au premier signaldes feux, avec vingt mille Sardes, et retourneà Aoste rendre compte de sa mission. Le plandes coalisés était d’appuyer la révolte des aris-tocrates de l’Ouest, des Fédérés de Lyon et duMidi, par le soulèvement des Savovens et l’in-vasion simultanée de la France par Nice etChambéry et la Belgique. Le 4 mars 1793, lesalliés forcent la ligne de la Meuse et pénètrent