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Tome troisième.
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1793-1794

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et le sentier qu’ils avaient fermé avec des abattis de boiset des blocs roulés. Ils gagnèrent les sommités en fuyant.Le 9, la troupe entra à Thônes où tout fut mis au pillageet brisé. Le 10, on tua Pierre Durez, syndic, dont lestrois fils étaient au service du roi, et qui se fit honneurde les avoir fait partir. ' »

Une religieuse, Marguerite Avet, dite Frige-lette, qui apprenait à lire aux enfants de Thônes,avait couru de village en village pour exciter lesmontagnards à défendre Dieu et le Roi; c’est laJeanne Darc de cette prise d’armes. Conduite àAnnecy le 15 mai, elle y fut fusillée, le 18, auPàquier L Résignée autant qu’héroïque, ellemarchait à la mort en disant son chapelet ; àgenoux en face des soldats, elle s’écria : Vive-Jésus Dieu ! Vive notre roi! l'irez seulement !

Le chef des royalistes du Grand-Bornand, JeanAvrillon, pris le 21 mai, fut exécuté le 29 ; quantaux paysans obscurs saisis les armes à la main,on les "fusilla sur place et l’on incendia leurschalets ; tous périrent avec le froid courage dePierre Duroz ; quelques-uns avec le méprisrailleur du perruquier Louis Pin, de Thônes,lequel requis pour le service particulier du chefde la colonne républicaine, déclara que ses opi-nions ne lui permettaient pas d'accommoderles cadenettes du citoyen commandant, et qu’illui scierait plutôt le cou avec son rasoir. Lesacristain Louis Revet et F ex-officier JosephDonnier, saisis quelques mois plus tard, con-

1 Extrait d’une lettre de M. de Lachenal, plébain de Thônes,datée de Monthey (Valley) le 23 mai 1793, adressée à sonvicaire, l’abbé Grand, réfugié à Lausanne, et copiée dans lesArch. du château de Thorens par M. Eloi Serand. — Voir aussile rapport du général Dornac (Moniteur y et la Rev. savoisienne.

! PREUVES. Document inédit n° XCIX.