1793-1794
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privées et on les brûla aux applaudissementsstupides d’une foule insensée. Moûtiers 1 etTho-non se distinguèrent par l’éclat qu’on y donnaà ces fêtes de la destruction. A Chambéry, le 21juillet, comme on brûlait au Verney les titresdes' couvents et que les poltrons de la ville ve-naient l’un après l’autre déposer sur l’autel dela patrie, l’un ses croix de Saint-Maurice et deMalte, l’autre ses titres de noblesse, un troi-sième sa clef de gentilhomme de la chambre,un anobli de date récente offrit aussi ses paten-tes et les jeta au feu; une vieille femme lui diten patois : Ce ne brulea pas, y è co blet (ça nebrûle pas; l’encre n’est pas sèche). Et la mor-dante ironie fut accueillie par des vivats, cariepeuple, s’il jalouse tout ce qu’il voit au-dessus delui, a parfaitement le sentiment des ridicules etllétritTingratitude,même quand elle lui profite.
Au mois d’août, les Austro-Sardes se déci-dent à prendre l’offensive ; mais ils avaient man-qué l’occasion 2 ; les jacobins tenaient plus quejamais tout le pays et Lyon allait succomber.16,000 hommes attaquent simultanément laTarentaise et la Maurienne ; ils se hasardentlentement dans ces montagnes, voyant unpiège dans la retraite des Français et fouillantles bois et les villages avant de faire un pas enavant. Le marquis de Cordon mit plus d’unmois (30 juillet au 7 septembre) pour arriverde Lans-le-Bourg à Argentine, et n’osa point
1 PREUVES. Documents inédits n 0! XC à XCIl.
i Voir les quelques lignes que Thiers consacre à cette cam-pagne (Histoire de la Révolution, tome V, page 85). « On devaitpeu craindre, dit-il, l’attachement des Savoyards pour les Fran-çais, car les assignats et les réquisitions ne leur avaient encorefait connaître de la liberté que ses dépenses et ses rigueurs. >