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1793-1794
complainte patoise de Jean Ménenc, fort àpropos dans la situation :
lia mor ! Mor che tan ge desirol
Vin troua lo pouro Pirfi !
Après quelques instants d’hésitation, lespaysans, saisis d’une panique soudaine, se dis-persent dans les bois, perdant une douzaine detraînard qu’on mena aux prisons de l’Ile.
Le 21 août, le jour du combat du pont Saint-Martin, des feux allumés sur les hauteursapprirent aux agents royalistes d’Annecy et àleurs affidés, parmi lesquels Burdet, La Flé-chère, etc., la présence des Piémontais. Onprofite aussitôt du départ d’un convoi de grainsdestiné à la colonne républicaine ; les femmesdétellent les charriots, vont criant par la villequ’on les affame, forcent les portes de la prison,renversent les arbres de liberté, et mènent deforce M. de La Fléchère à la maison de ville.Le 22 août se passe en fiévreuse attente; leschefs, embarrassés de leur facile succès, perdentvingt-quatre heures à se concerter, tandis queles femmes, toujours plus ardentes, plus pas-sionnées que les hommes 1 , envahissaient l’évê-ché, brûlant les papiers et les meubles de M.Panisset, et le poursuivant avec une telle furieque le malheureux vieillard fut obligé de passerquatre heures caché sous l’arche d’un pont. Lelendemain les gardes nationales de Chambéryet de Rumilîy entrent dans la ville, l’ordre s yrétablit comme par enchantement, et l’infor-tuné La Fléchère, qu’un faux avis appelle sur
• Témoin l’épisode bien connu de la Pralon. (Séance duclub des Jacobins d’Annecy du 6 janvier 93.)