1793-1794
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Et le commissaire Rassat, rendant compte auclub des Jacobins de Chambéry de l’état del’opinion disait, des cantons de Thônes et deSaint-Gervais, qu’il ne s’y trouvait guère qu’unpatriote ou deux par commune.
Le bruit de l’arrivée des Piémontais et deleur victoire certaine avait été si fort accréditédans les environs d’Annecy que, pendant l’ab-sence des principaux patriotes parcourant lescommunes pour réchauffer le civisme des offi-ciers municipaux, divers incidents prouvèrentque le régime révolutionnaire y était plutôt subiqu’accepté. Dans les premiers jours d’août,Longeray, maire de Marcellaz, se concerte avecses amis, ecclésiastiques pour la plupart ; ilsimaginent de soulever les paroisses aux coupsdu tocsin ! , de forcer Rumilly à se déclarer pourle roi, de gagner d’un côté Annecy, de l’autreSeyssel et par là de se rattacher au Jura, auxémigrés de Suisse, aux fédérés de Lyon. Le 12août, dès l’aube, les sacristains des églisessonnent le tocsin à Montagny, Salles, Rloye,Saint-Félix, Roussy, Yallières; vers midi, lescent royalistes de Marcellaz, munis de four-ches, se présentent devant Rumilly, parlemen-tent, surpris de se trouver seuls au rendez-vous, en face de gardes nationaux bien armés,qui les raillent de leur présomption et chantenten guise de refrain, les premiers vers de la
' Les cloches des églises, sauf une par commune, furenttransportées à Annecy, de tout le Chahlais et du Fancigny. Onen compta jusqu’à 300 sur la place Notre-Dame. En février1794, vingt-sept, paysans furent accusés d’avoir volé des clocheset jetés en prison ; il en vint, en effet, de plusieurs paroisses,chercher la nuit les cloches de leur église ; ils les cachaient surdes chars à bœufs, sous des tas de foin, et, comme ils avaient«oin de choisir les plus grosses, on découvrit la fraude.