1794-1795
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roisse à l’autre et n’épargnant ni les fatiguesni les périls. C’est lui, sans aucun doute, quirédigea les actes si remarquables de rétractationdu serment d’Albitte qu’on trouvera au n IJ xc.vindes pièces justificatives. Le culte catholiqueétait resté public et respecté, à Moûtiers, jus-qu’au 30 janvier 94 ’. Par une contradictiond’une portée singulièrement philosophique, lesautorités républicaines de Chambéry délibé-raient (le 28 mai 93) d’assister à la processionde la Fête-Dieu, tout en brisant les cloches deséglises pour en faire des sous et en sciant lesstatues de bois des saints pour le chauffage deshôpitaux 2 . Deux mois plus tôt, le Conseil géné-ral , sur la demande des communes, priaitl’évêque de Grenoble d’envoyer en Savoie sesvicaires épiscopaux pour y combattre le fana-tisme des ignorants ; sept mois plus tard, lemême conseil décrétait l’abolition de tout cequi rappelait les préjugés stupides et coupablesde la tyrannie et de la prêtrise.
A Thonon, deux jeunes prêtres furent fusillés,M. Vernaz le 22 février, M. Morand le 46 mai,en exécution de l’article 6 du décret du 28septembre 93 qui punissait de mort les émigréssaisis sur le territoire de la République ; le 14août, l’abbé Joguet, arrêté à Cluses, fit pleurerses bourreaux. On voulait le sauver ; le muni-
1 PREUVES. Documents n° XCII à XCV.
5 Le conseil de district d'Annecy demande au directoire deChambéry l'autorisation de faire prendre les bois de charpentequi soutenaient les cloches, de même que les bois des saintsdont la sculpture n'est pas précieuse, et qui deviennent inutilesdans les églises fermées, afin que ce bois, réduit en bûches,soit employé au service des hôpitaux qui n’ont que du bois vert.(Délibération du 19 nivôse, an 1I.J