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Tome troisième.
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1704-1795

de perdre la vie ; les autres, proscrits et persé-cutés 1 , passèrent en Piémont ou furent jetésen prison. Quelques-uns, obstinés dans leurfoi et se dévouant à leur devoir, refusèrentd’abandonner leurs paroisses et vécurent, de93 à 99, errants çà et là dans les montagnes quiséparent le Piémont de la Savoie, tantôt effrayéspar les visites domiciliaires, tantôt poursuivispar les émissaires des clubs, le plus souventménagés et tolérés par les autorités locales.En 95, l’abbé Molin, curé d’Epierre, disait lamesse, les fêtes et dimanches, dans la chapellede la Corbière ; on y venait de plus de neufcommunes ; l’abbé Molin s’était tellement fami-liarisé, suivant ses expressions, avec les gen-darmes d’Epierre, que cependant on changeaitsouvent, qu’ils s’amusaient et mangeaient en-semble. Ces bons rapports n’étonnaient per-sonne 8 . En Tarentaise, un ecclésiastique d’unerare énergie et d’un esprit élevé, M. Martinet,ne quitta point le pays, venant à la dérobéeadministrer les sacrements, passant d’une pa-

* Le directoire de Cluses, pour se faire pardonner sans doutela révolte de 93, mit à prix la tète des prêtres. (Arrêté du 19nivôse àn II.) Le clergé de Savoie se fit remarquer par sa fidé-lité et sa constance. Parmi ce grand nombre d’ecclésiastiques,42 curés prêtèrent le sermeul d’Albitte et se rétractèrent en11802 ; 17 prêtres ou moines et 7 religieuses seulement se niariè-frent. fMém. ecclés., pages 528 à 534.)

2 En mars 94, lorsque les premiers actes d’Albitte n’eurentplus laissé de doutes sur les projets des terroristes, le chirur-gien Amblet et le sacristain Burquier enlèvent les reliquesde saint François de Sales et de sainte Chantal, les mettent enlieu sur (d’où elles ne furent retirées que le 28 mai 1806) et lesremplacent par des squelettes du cabinet d’anatomie. Ces pré-cautions étaient inutiles, car, lors de la saisie des objets pré-cieux servant au culte, on respecta les fausses reliques, et, le12 vendémiaire an V, on les mit sous scellés pour les préserverde tout outrage. (Revue savoisienne du 15 mars 1865.)