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1795-1796
qui, de Lausanne, ne cessait de correspondreavec Turin et qui mettait son activité, sa pas-sion et son génie, sans réserve, au service del’ancien régime, avait écrit, de 93 à 94, F Adresseà la Convention par les parents de quelquesmilitaires savoisiens, où il protestait contre laconfiscation des biens des émigrés et prouvaitl’illégalité de certains décrets de VAssembléedes sept jours, puis les Lettres d'un royalistesavoisien à ses compatriotes où il développaitcette maladroite formule : Aimer et servir, voilàvotre rôle. En 95, mieux avisé, il changea deton et publia le pamphlet intitulé : Lettre deJean-Claude Têtu, maire de Montagnole, à sesconcitoyens. Cet écrit débute par la formuleironique : Salut et hon sens! et Fauteur en ex-pliquait ainsi, plus tard, la cause et le but :
« J’étais à.Lausanne au printemps de l’année 1795,lorsque les prêtres, qui rentraient en foule dans leDuché de Savoie, me demandèrent un pamphlet qui fûtà la portée de tout le monde et qu’on pût répandreavec profusion pour rassainir et diriger l’esprit public.Ils voulaient surtout mettre à profit l’occasion favorabledes assemblées primaires qu’on venait de provoquerpour une nouvelle élection de représentants. Je com-posai donc le badinage raisonnable qui suit; il eut unevogue extraordinaire en Savoie et en Suisse ; mais nosefforts dans tous les genres devaient être inutiles, dumoins pour longtemps. »
Ce libelle incisif, tiré à plusieurs milliersd’exemplaires, fut lu avidement en Savoie oùles agents du clergé le répandirent. Le Conseil
g énéral s’en émut et sollicita la République de-enève d’en faire saisir l’édition nouvelle; lesGenevois répondirent, avec un semblant deraillerie, que leurs lois s’opposaient à un pareil