1795-1796
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acte d’arbitraire, mais que, si le Conseil leurfaisait passer les 9,000 livres en numéraire quedevait coûter l’édition, ils se feraient un plai-sir de la leur expédier tout entière, sans quepersonne en pût distraire un seul numéro.
La lettre de Jean-Claude Têtu encourageales meneurs de la réaction à provoquer desmanifestations publiques. Les populations necraignirent plus de protester bruyamment sil’on gênait le culte, même dans les villes lesplus républicaines. M. de Thiollaz, dont l’in-domptable énergie faisait, en Faucigny, le dé-sespoir des commissaires français, imagina desupprimer le dernier semblant d ! Eglise consti-tutionnelle en arrachant de son siège l’évêqueélu, et en prouvant ainsi que toute transactionétait impossible entre les catholiques et la so-ciété civile. Il entoure M. Panisset de séduc-tions et de terreurs, l’ébranle dans ses convic-tions, pèse sur sa conscience déjà fort troublée 1et le décide à fuir. Ce fut un véritable enlève-ment; l’évêque part de nuit, à cheval, escortéde quelques prêtres réfractaires qui lui serventà la fois de guides et de surveillants. On T en-traîne à Bellerive, on l’embarque pour Lau-sanne, où il signe, le 22 février 1796, une ré-tractation solennelle qui est un chef-d’œuvre de
1 Le 5 février 94, M. Panisset, pour éviter de souscrire auserment d’Albitte, avait renoncé à l'exercice des fondions sacer-dotales ; Albitte accourt, le flatte, le presse, le menace et le faitjeter en prison. Après deux mois de détention, M. Panisset, denouveau violemment sollicité par Albitte, consent à prêter leserment si les termes en sont modifiés; Albitte feint de recti-fier la formule, et l’évêque, par respect pour les magistrats dupeuple, la signe sans la lire(2 mai 1794). Dès qu’il se sut joué, ilprotesta. (Lettres h Pie VI, du 14 juillet 95, et à M. de La Palme,27 juillet.) Ces documents existent aux A. M. d’Annecy.