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Tome troisième.
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1801-1804

l’ancien presbytère, tantôt les vieilles fonda-tions de messes ou d’aumônes, exigeaient, sansdélai, des cloches, des vases de prix, et deségards que leur fierté rendait humiliants. Leministre des cultes Portalis, bien servi par M.de Barante, préfet du Léman, MM. Saussay etde Verneilh, préfets du Mont-Blanc, épuisa safinesse, son tact et sa fermeté pour concilierdes difficultés chaque jour renaissantes 1 . AGenève, les catholiques eurent un instant l’es-poir de reconquérir de prime-saut la cité cal-viniste 2 * * 5 ; mais les bourgeois de vieille souchedéfendirent leur foi mieux qu’ils n’avaient faitde leur indépendance, et, le 7 décembre 1804,le pasteur Martin provoqua les célèbres parolesde Napoléon sur la liberté des cultes : L’empirede la loi finit où commence l’empire indéfini dela conscience.

A Chambéry, en 1802, il y avait encorequatre-vingt-un anciens émigrés en surveil-lance. A Annecy, le mauvais esprit était favo-risé par des fonctionnaires du pays, dont lesattaches et l’intérêt les rendaient secrètementhostiles à la prompte assimilation des pays

1 Le caractère de cette situation embarrassante, l'exigencedu clergé, les prétentions des paysans, se retrouvent dans cesquelques vers d’une épltre d'un curé de campagne, publiée seu-lement en 1817 (Journal de SavoieJ, et attribuée à Ducis :Jadis, on vénérait le pasteur du village;

Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un serviteur à gageQui dans chaque manant rencontre son rival ;

Tout, jusqu'au marguillier, veut marcher son égal.

Il faut qu’un desservant, pour éviter la guerre,

Caresse le syndic, flatte le secrétaire.

5 Le 3 octobre 1803 , on dit la messe à Genève dans uneéglise publique. Les curés Lacoste et Yuarin y commencèrentun apostolat fructueux ; la population catholique de la ville ,qui était de 1,924 âmes en 1801, s’élevait à 16,564 en 1860.

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