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Tome troisième.
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1804 - 181 ?

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annexés. C’est toujours une faute, aux époquesde transition, de compter sur l’austère impar-tialité d’hommes dont l’esprit est mobile commel’ambition et qui, d’excellent service partoutailleurs, deviennent dangereux dans le cerclequi les a vus naître.

Les grandes annexions italiennes semblaientavoir supprimé, pour la Savoie, les dangersauxquels est toujours exposée une provincefrontière. Le Piémont est réuni au territoirefrançais; Parme, Plaisance, Gênes sont occu-pées ; la médiation du premier consul pacifiela Suisse en démocratisant et unifiant la Fédé-ration des XIX Cantons (1803) ; le Valley formeune république particulière. En Sardaigne,Charles-Emmanuel IV abdique en faveur deson frère Victor-Emmanuel I er (4 juin 1802) ;cette nouvelle se lit avec indifférence dans lesgazettes et ne produit en Savoie aucune émo-tion. Le dernier titre du Code civil est décrété(15 mars 1804) ; l’Empire est proclamé (18 mai) ;la Savoie prend sa part de toutes les gloires*dela France; la Révolution s’était incarnée dansl’Empereur.

« Napoléon 1 er , a dit notre historien national ', affi-chait hautement la prétention d’être plus novateur, plusphilosophe, plus révolutionnaire que personne. A l’en-tendre, rien n’était plus nouveau que d’édifier une so-ciété dans un pays où il ne restait plus que des ruines ;rien n’était plus philosophique que de rendre au mondeses vieilles croyances; rien n’était plus véritablementrévolutionnaire que d’écrire dans les lois et de propager

par la victoire le grand principe de l’égalité civile.

Napoléon donna aux haines la distraction de la guerre ;il condamna au silence, dans lequel elles ont expiré,

1 Thiers. Discours académique du 13 décembre 1834.