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1813-1814
Ce simple récit ne montre-t-il pas le vice dusystème mieux que les déclamations de M me deStaël, réfugiée à Coppet, ou le dénigrementà l’état chronique dont M me de Rumfort etM. Suard faisaient le malicieux attrait de leurssalons de Paris ‘? Mais le prestige était si grandque l’invasion fut une surprise ; elle était faitequ’on y croyait à peine.
Le 4 janvier 1814, d’énergiques mesures,pour la défense du territoire, sont publiées dansles Alpes ; on organise des corps francs, onrappelle les vieux soldats, on demande un vo-lontaire par commune et 105 hommes actifs parchaque compagnie de garde nationale; le vieilinstinct militaire des Allobroges se réveille ; laSavoie fournit, en huit jours, 2,039 hommes et300 chevaux. Comme en 1813, le Mont-Blanc etle Léman sont cités au premier rang des dé-partements patriotes. 11 était trop tard. Le 30décembre, le baron Capell, préfet du Léman,était révoqué pour n’avoir pas défendu la fron-tière ; le général Jordy, désespéré de son im-puissance, se brûlait la cervelle, et les bour-geois de Genève, menacés des horreurs d’unbombardement, privés de chefs militaires, ou-vrent sans combat leurs portes au général autri-chien. Tandis que le comte Dessaix fait à sescompatriotes un suprême appel, qu’un décretordonne la levée en masse de tous les habitants,de vingt à soixante ans, à la tête desquels, sa-crifiant pour la première fois l’ordre civil ausalut public, doivent marcher les fonctionnai-res, les chefs d’administration, les magistrats,les chefs d’atelier, les propriétaires riches, etque trente-sept mille hommes, disséminés deSaint-Gingolph au Mont-Cenis, courent aux