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1816-1817
remis aux autorités françaises ; on le fusilla àGrenoble. Pour la première fois, une trahisonavait souillé cette noble terre de Savoie.
L’ancien régime restauré ramenait nécessai-rement avec lui la vieille organisation ecclé-siastique ; le roi se pourvut en Cour de Romepour le rétablissement des sièges épiscopauxd’avant 1792; Pie VII érige d’abord en arche-vêché le siège de Chambéry auquel il trans-porte les droits métropolitains de Tarentaisesur le siège d’Aoste (17 juillet 1817). Le retourvers le passé ne devait pas s’arrêter là.
Le billet royal du 29 novembre 1817 prescrit àl’intendant Tornielli de fermer toutes les écolesque n’aura pas autorisées le Conseil de réforme ;on enseignera, dans les écoles municipales, lalecture, l’écriture, le calcul, la doctrine chré-tienne et la langue italienne, mais rien déplus;on n’enseignera le latin que dans les villes d’aumoins 1,500 habitants, et il n’y aura de courssupérieurs que dans celles d’au moins 3,000âmes. Un an plus tard, le magistrat de la Ré-forme (conseil supérieur des études) prescritde ne faire passer, d’une classe à l’autre, queles élèves qui justifieront de progrès soutenusdans l'étude de l'italien. Rien n’était plus sen-sible aux Savoyens que ces atteintes indirectesportées à leur langue; ils comprenaient que,tôt ou tard, le cabinet de Turin qui déjà, malgréses promesses solennelles, nommait des Pié-montais à tous les emplois d’importance, rédi-gerait en italien les actes officiels, ferait de cetidiome la langue de la justice et des affaires etl’imposerait ensuite à la vie civile. Or, un peuplequi perd sa langue abdique sa nationalité. Aussi,Fopinion publique s’émut-elle beaucoup plus